Témoignage d’un moniteur en période coloniale
Archives des écoles :
Témoignage d’un moniteur en période coloniale
Précarité des écoles :
témoignage d’un moniteur en période coloniale
Pour illustrer la précarité de ces écoles, voici le témoignage de ce moniteur d’enseignement, directeur de l’école d’Aleg
» L’école du village d’Aleg à la tête de laquelle je suis placé, est ouverte décembre dernier. Les élèves ne sont pas nombreux puisqu’ils sont au nombre de 12 seulement. 9 de ces élèves sont de petits Noires de race Toucouleur et Bambara. Les 3 autres sont des Maures. J’espère avoir d’autres dans le courant de ce mois et que vous aurons le J’espère avoir d’autres dans le courant de ce mois et que vous aurons le maximum fixé c’est-a- dire20 élèves » On voit donc la difficulté de recruter des élèves en nombre suffisant et reflétant la structure de la société. C’est ainsi que les élèves « se recrutent parmi la population hétéroclite des villages des petites agglomérations existant auprès des postes : ce sont pour la plupart des fils de fonctionnaires et d’anciens tirailleurs, des métis, des fils de serviteurs, ou de familles maures de petite condition « . Les fils de chefs et de notables boudent donc ces écoles, ce qui les décrédibilise aux yeux de l’aristocratie et de l’administration. Paul DUBIE est clair à ce sujet : « Pour l’enseignement du français, nous avions créé sur le modèle des colonies voisines et avec les maître formé dans ces colonies, des écoles qui pouvaient avoir comme élèves que des enfants dont les familles n’avaient aucune influence sur le pays. Le seul résultat pratique des écoles rurales serait la formation de fonctionnaires indigènes assez médiocres et sans aucun prestige à cause de leur origine » Il n’est pas étonnant dans ces conditions que l’enseignement dans ces écoles soit un échec. C’est seulement au début de l’année scolaire 1946-qu’un service autonome a été créé. Les chiffres suivants montreront l’essor consécutif à cette mesure. – En 1922 (information la plus ancienne) : 6 écoles, 8 classes, 16 élèves. – En 1946 (année précédant la création du service) : 28 écoles, classes, 1787 élèves. – En 1953 : 51 écoles, 110 classes 3615 élèves. – 4,3% seulement des enfants d’âge scolaire reçoivent l’enseignement de base donné par l’école primaire, alors que la proportion s’élève au-dessus de 10% pour l’ensemble de l’A.O.F. C’est dire que la Mauritanie accuse un retard très net dans la scolarisation de sa population. Il ressort des rapports relatifs à ces écoles que leur rendement était faible le témoignage suivant est accablant : » Par contre les écoles de village ou de poste en pays maure sont un échec. Boutilimitt, Méderdra, Atar, Tidjikja, Kiffa, Aleg et Néma. Les seules pendant la période qui nous occupe végètent. Les rapport signalent invariablement leurs carences : moniteurs très peu formés et rarement contrôlés, une vingtaine d’élèves en moyenne seulement dans chacune presque toujours fils de goumiers et de fonctionnaires noirs ou enfants de serviteurs, d’affranchis ou d’artisans. On a un exemple précis du processus avec l’école de Néma dans les années 1919 – 1920 (rapporté par Mme clapier – Valadon). En 1919 – 1920, elle réunit 79 élèves : 8 Bambara et 2 fils de militaires en garnison, fils de Haratines, 13 fils de Maures blancs recrutés de force par l’administration dans les campements voisins, mais aucun fils de chef, enfin 11 fils de notables ou fonctionnaires de la petite cité Mais de tous ces élèves, un seul fils d’interprète Sarakollé verra sa vie modifiée et entrera plus tard à l’école de médecine de Dakar
( sources :Le Français en Mauritanie ; Bilan et perspectives de Mohamed Vall ould Cheikh)
La médersa d’Atar : Historique
» Créée le 1er Janvier 1936 , ouverte le 1er Mai 1936 avec 16 boursiers , elle en comptait 39 à la fin l’année , une certaine de demande étaient écartées pendant les vacances et l’année scolaire 1938-1939 s’ouvrit avec 60 élèves , celle de 1939-1940 avec 70 parmi lesquels de nombreux fils de chefs RGUIBATT soumis depuis 3 ou 4 ans. Le programme qui comprenait à l’ouverture uniquement de l’arabe , fut rapidement complété par des cours facultatifs de français rendus bientôt obligatoires à la demande des parents et des élèves Dubié (Paul) , op . cit.
» A côté des cours d’arabe et en dehors du programme fonctionne depuis le mois de Janvier 1938 un cours de français fait par le directeur aux élèves dont les parents en font la demande en 7 mois de scolarité en à raison d’une heure par jour. Les élèves ont terminé le 1er livret de Mamadou et Bineta et ont appris à compter de jusqu’à 1 000 « (2)*.
*(2) Rapport du directeur de l’école d’Atar ROUIS , 19 , Arch , Nat. Nouakchott
Effectifs des Ecoles en Mauritanie en période coloniale
En 1922 6 écoles, 8 classes, 16 élèves. –
En 1946 : 28 écoles, classes, 1787 élèves. –
En 1953 : 51 écoles, 110 classes 3615 élèves.
-4,3% seulement des enfants d’âge scolaire reçoivent l’enseignement de base donné par l’école primaire, alors que la proportion s’élève au-dessus de 10% pour l’ensemble de l’A.O.F. C’est dire que la Mauritanie accuse un retard très net dans la scolarisation de sa population